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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 19:55

"L'union est la force" ancien batiment où se déroulait les sessions du sénat


Le week-end dernier j'ai donc été a Sucre, Capitale de Bolivie délaissée en faveur de la Paz. Mais toujours capitale, même la dernière constitution votée il y a peu le certifie. Berceau du cri libertaire de l'Amérique du sud. Après une dure nuit de trajet de 12 h pour venir (les routes en terre c'est pas terrible pour le sommeil), on commence les visites en compagnie de Sergio, un ami scout de Iris, sucreño, très fier de sa ville et autonomiste. On va donc a la Casa de la Libertad, où se déroulaient les premières séances parlementaires avant d'être transférées à La Paz. C'est donc un lieu qui est historiquement très important. On y trouve aussi les portraits de tous les présidents qu'a connu Bolivie (les dictateurs aussi bien sur). Une salle rend hommage à une femme (Juana Azurduy de Padilla) qui se battait de façon légendaire contre les royalistes lors de l'indépendance. Il y a une copie de la déclaration d'indépendance, qui trône sous les regards de Sucre, Bolivar et Ballivian. Sergio insiste bien sur l'authenticité et la qualité de conservation des objets, c'est sûr que par rapport à Cochabamba, on a l'impression d'avoir remonté deux siècles. En fait un peu moins de deux siècles puisque c'est le 25 mai prochain que se fêtera le bicentenaire du premier cri libertaire. D'ailleurs dans toutes les rues on peut croiser des peintres qui mettent une couche de blanc aveuglant sur les façades des maisons pour l'occasion. Toute la ville est d'un blanc plus blanc que du sucre raffiné (mouahaha). Ça peut faire mal aux yeux mais c'est beau, par contre c'est galère si un autonomiste tague « Evo no ».

Sucre, Bolivar et Ballivian


Après cette visite, on va au cimetière où sont enterrées grand nombre de personnes importantes et/ou riches de Bolivie. Très joli, et très reposant (ahah). Il est presque midi, on va manger une salteña accompagnée d'orchata alors là je dois dire que j'ai été déçu, je pensais retrouver des saveurs valenciennes mais il n'en est rien. J'ai pas très bien compris ce qu'il y avait dedans (du lait, un oeuf.??), mais ça vaut pas une orchata barcelonesa. Heureusement on a été gouter du chorizo, ça a rattrapé les espèces de saucisses de Strasbourg piquantes que j'ai pu manger à Cochabamba.

Monument en l'honneur d'étudiants qui n'ont pas écouté (la statue tient une couronne d'oreilles coupées)


Ensuite, une petite sieste bienfaitrice, et c'est reparti pour des musées. Tout d'abord le musée des arts indigènes, avec plein de tissages magnifiques qui viennent de toutes les tribus des alentours. Mes préférés, ceux de Tarabuco, lumineux et minutieux, avec des dégradés de couleurs très subtils. Sinon il y les Jalq'a qui font des motifs assez flippant (des animaux imaginaires, le dieu malin...) en rouge et noir. Plein d'explications sur leurs croyances, un mix entre religion chrétienne et mythes ancestraux, pierres qui représentent des vierges, auxquelles les tisserands viennent prier ou dormir en compagnie de leur métier. Il y a aussi une salle avec des objets trouvés dans une grotte où a été enterré un marchand important avec les servants qui devaient reposer avec lui. Oui mais comment on reconnaît la personne importante dans un tas d'os? Ben c'est celui qui a le crâne déformée. (comme dans le dernier Indiana Jones vous savez, les E.T. au crâne de cristal).

Un patio du monastere de la Recoleta


Après cette visite, on court au monastère de la Recoleta. Le dernier groupe de visite guidée a déjà commencé, on insiste dur pour pouvoir rentrer, l'endroit est encore habité par des frères franciscains. Des beaux patios bien verts, dehors, un cèdre très vieux avec vue sur les potagers cultivés par les moines. Une jolie église, avec un coro en bois sculpté. Et aussi une pendule, (ça c'est Iris qui me l'a fait remarquée, ça lui semblait important). Dommage, il commence à faire sombre, on ne peut pas trop admirer les patios. On sort et on va au mirador, belle vue sur cette ville qui me fait penser de plus en plus à Grenade, sans le coté arabe.

Vue sur la ville depuis le mirador de la Recoleta


Il se fait tard, mais on continue a marcher, on va manger un bout et en compagnie de deux autres scouts, Barco et Choco (ce sont des surnoms), on va a la tour Eiffel. oui la tour EIFFEL, apparemment il aurait construit la gare et en a profité pour faire une petite sœur bolivienne à la parisienne. Après une montée et une descente du petit monstre d'acier, on va a la gare, qui ne fonctionne plus, comme la plupart des gares boliviennes. On passe à coté de l'hôpital psychiatrique, qui donne la réputation de moitié fou aux sucreños pour le reste des boliviens. Par hasard on passe à coté d'un théâtre, et Choco s'aventure pour jeter un coup d'œil, on restera jusqu'à la fin pour voir un spectacle de Cueca à l'œil! Les cuecas ce sont des danses en couple, avec des foulards qu'on agite pour attirer le partenaire. Un petit style flamenco, surtout dans les costumes des femmes. Joli spectacle avec des sketchs entre chaque danse pour faire rigoler.

Le spectacle de Cueca


Pfiou, journée bien chargée, pour compenser il fallait bien une nuit tout autant chargée, au menu, anniversaire d'une scoute, dégustation de vin artisanaux de l'ami Choco pour finir par un karaoké. On aurait bien continué mais le videur de la boite n'a pas voulu nous faire rentrer. On va donc faire dodo. Le lendemain matin on avait planifié d'aller à la messe dans une chapelle.

Au karaoké


Mais bon, c'est pas toujours facile de se lever. Alors on se contentera de la fin de la messe. En fait le but c'était d'aller voir la Virgen de Guadalupe qui a une plaque d'argent pour robe, à laquelle un grand nombre de pierres précieuses ont été ajoutées. Après ce salut cordial à la Vierge la plus coquette du monde, on va acheter nos billets de retour. On boit un jus de fruit (au lait malheur!), encore tout patraque, souffrant le chaqui, Sergio nous propose d'aller déjeuner dans un endroit pour manger spécialement un mondongo, de la viande de porc, du maïs et des patates. Avec une sauce piquante pour la viande et une sauce jaune curry pour le maïs, des gros morceaux de gras flottant dans le tas. Bref pas fan... peut-être pas le bon moment non plus.

La virgen de Guadalupe


Après ce festin, on va voir un château de prince. Un certain Mr Francisco Argandoña qui a fait fortune dans l'argent, fit construire ce château, plein d'amour pour sa femme, avec qui il ne pouvait malheureusement pas avoir d'enfant, alors il construisit aussi un orphelinat. Le style de l'ensemble est... très curieux, d'après la guide, la tour du prince est d'influence oriento-russe et le jardin a un style comparable à celui de Versailles... Je ne suis pas vraiment tombé sous le charme mais les autres avaient l'air de trouver l'endroit très romantique.

L'entrée du chateau de la Glorieta


Bon aller un dernier tour dans le centre, un dernier jus de fruit, un premier (et dernier) kebab bolivien et on va prendre le car. Retour plus reposant, mais plus long, on a eu un problème mécanique j'ai pas très bien compris de quoi. On est donc arrivé avec deux heures de retard. Il est déjà 8h du matin. Iris a une réunion à la préfecture à neuf heures les boules. Moi je vais au bureau, avec dans le sac de bons chocolats de Sucre pour les collègues.

La tour Eiffel


Petites légendes qui font peur:

Un fantôme d'avocat qui défendait les droits des indigènes rodait la nuit dans la ville, a bord d'un carrosse. Il emmenait des riches qui maltraitaient ou esclavageaient des indiens et il les laissait dans une ruelle, après leur avoir enlevé leur âme. Pour contrer cette malédiction, on fit sceller des os humains entre les pierres de la ruelle. En forme de croix, tous les treize pas. Encore aujourd'hui personne ne passe dans la ruelle entre minuit et l'aurore de peur des fantômes qui continuent de hanter l'endroit.

Dans une autre ruelle, passé minuit, on peut croiser un berceau d'où proviennent des cris de bébé, mais si on se penche pour observer l'enfant, le diable apparaît et pof vole l'âme du pauvre bougre.

Entre Potosi et Sucre existe le pont maudit, auquel il manque une pierre. Un indien devait aller chercher des objets qu'on lui avait demandé de rapporter pour qu'il puisse se marier avec un femme d'une autre tribu. Pour pouvoir passer une rivière, il passa un pacte avec le diable pour qu'il construise un pont. Mais arrivé à la dernière pierre, il se trouva face à face à St Pierre qui s'était assis sur l'avant-dernière pierre, et ne put donc finir son œuvre. Depuis, il y a toujours un creux et toute tentative pour réparer le pont est vaine. L'indien, on m'a pas dit ce qui lui était arrivé, je suppose qu'il se maria et eut plein d'enfants.

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commentaires

E
Magnifique la première photo !<br /> Et pour la "Tour Eiffel"... hum, rien ne vaut la vraie quand même ^^
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